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    <title>Interviews </title>
    <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Interviews.html</link>
    <description>Quelques interviews en Français &amp;amp; en Anglais, recueillis deci delà....&lt;br/&gt;Some interviews in French or English, from here &amp;amp; there...</description>
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      <title>Barry Cleveland for Guitar Player</title>
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      <pubDate>Fri, 7 Oct 2011 13:08:10 +0200</pubDate>
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      <title>Jazzmag/Jazzman cover story by Frédéric Goaty</title>
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      <pubDate>Thu, 31 Mar 2011 23:30:59 +0200</pubDate>
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      <title>Les Eternels, by Sébastien Roux</title>
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      <pubDate>Fri, 25 Mar 2011 00:46:33 +0100</pubDate>
      <description>Entretien avec Nguyên Lê&lt;br/&gt;le 24 février 2011&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fin d’après-midi parisienne. Une dernière écoute de Songs Of Freedom (chronique ici) fait passer la pilule de ce métro et de ses couloirs blindés comme ils se doivent de l’être à cette heure-là au nord de la capitale. Reste que ce début de soirée va voir le temps s’arrêter quelques instants, le temps de ce voyage, de cet entretien avec Nguyên Lê, homme aussi affable qu'ouvert. Cette curiosité va être mise à rude épreuve (sonore), mais partant du principe que le musicien cite le “In A Gadda Da Vida”… version Slayer, il va sûrement être possible de faire affaire. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Sebrouxx : Lors de notre dernière rencontre il y a deux ans, je t’avais parlé du secret espoir que j’avais de te voir réaliser un disque de reprises. Je voulais donc te demander si j’étais à l’origine de ce projet devenu disque, Songs Of Freedom ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên (rires) : Pourquoi pas !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Même pas un petit peu ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyen (rires, puis sérieux) : Au départ, c’est surtout Siggi, le patron de ACT (NDLA : label de Nguyên) qui m’a demandé de faire un Hendrix n°2 (NDLA: en 2002, Nguyên a sorti l'album Purple - Celebrating Hendrix, soit déjà 10 reprises du Maître). J’ai dit : « Oui, je vais voir. » Et puis j’ai réfléchi, j’ai commencé à travailler et en fait j’ai pensé que ce serait plus intéressant - pour moi en tout cas - de faire quelque chose d’autre que Hendrix et d’attaquer les copains comme Led Zeppelin. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Donc pour l’instant, tu as complètement abandonné l’idée d’une suite à Purple ou c’est quelque chose que tu souhaites réaliser un peu plus tard ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : En soi, ce n’est pas une mauvaise idée. C’est juste que d’une manière générale, j’aime bien changer. Et sur mes disques, à chaque fois, j’essaie d’apporter quelque chose de nouveau et donc je n’avais pas envie de faire une espèce de redite. Et le fait d’attaquer un autre répertoire, c’était plus inspirant.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Tu n’estimes donc pas avoir fait le tour du sujet Hendrix avec Purple ou, au contraire, il y a clairement matière à ce que tu en sortes un deuxième volume ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên :  Il reste plein de choses à faire. Cela reste un symbole musical et un compositeur très riche. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Le label a-t-il immédiatement accepté ton idée, donc, de reprendre ces standards du rock, du hard et de la pop ? Les responsables de ACT n’ont-ils, au contraire, pas trop insisté pour un Purple n°2 ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Non, non. Ils étaient très contents. Ce qui les intéressait surtout, c’était que je revienne avec mon côté « électrique » que je n’exploite pas toujours dans les disques. Tout est donc parti de leur suggestion que j’ai personnalisée. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : La réponse semble sûrement se trouver dans la question, mais la filiation est-elle si évidente que cela, pour toi, entre Purple et Songs Of Freedom ? Peut-être y vois-tu une cassure dans ta discographie ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Non, non, il n’y a pas de cassure mais complètement une filiation qui est surtout avec “Voodoo Chile.” En fait, c’est le concept de mon interprétation de “Voodoo Chile” que j’ai développé et extrapolé dans Songs Of Freedom et pas seulement le simple fait de reprendre pour reprendre un standard du rock. Il fallait surtout en donner un point de vue ethnique et d’avoir le point de vue d’un musicien non-européen.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Avant même “Voodoo Chile“, tu t’étais déjà confronté à l’exercice en reprenant le “I Feel Good” de James Brown ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Ouais, mais ce n’était pas très ethnique, je dirais. C’était juste funk et juste fun. Mais ce n’est pas pareil que pour Songs Of Freedom. Cette reprise de James Brown, elle est complètement reliée à mon autre lecture de l’œuvre de Hendrix, qui en aime à la base le groove et l’énergie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Question que tu risques d’endurer dans bon nombre de futurs entretiens que tu vas être amené à donner. Et autant passer dans les premiers : comment as-tu procédé pour la sélection des titres ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : En fait, il faut savoir que toutes ces chansons que j’ai travaillées, ce sont des chansons qui ont marqué ma jeunesse, et je dirais même qui m’ont fait aimer la musique. Parce qu’en fait j’ai commencé à aimer la musique très tard, vers douze ans. Avant cela ne me faisait rien du tout, même plus : cela ne m’intéressait pas du tout. (rires). C’est très paradoxal. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Tu es le John McEnroe de la musique et de la guitare alors…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên :  Oui, et je ne parle même pas d’être guitariste, d’être musicien, mais juste de l’écoute de la musique. La première musique qui m’a fait vibrer, c’était Deep Purple. A douze ans, c’était Deep Purple et puis après il y a toutes ces chansons-là qui ont vraiment marqué ma jeunesse.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et justement, je comptais t’en parler, pourquoi n’as-tu alors pas sélectionné le moindre morceau du Purple ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : J’ai réécouté cela  forcément quand je me suis mis à ce projet et puis, en fait, cela ne m’inspirait pas du tout. Deep Purple ne m’inspirait pas du tout parce qu’en fait, c’était moins bien que ce que je croyais. En revanche, j’ai aussi réécouté les Who et cela reste génial. Mais en même temps, c’est tellement bien en soi que je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre. Et Led Zeppelin, cela reste monstrueux en soi, mais il y a un espace qui m’inspire beaucoup et qui fait que je peux en faire quelque chose à moi. Mais les Who, je ne vois pas.    &lt;br/&gt;Sebrouxx : Tu vas te faire des amis parmi les fans de Blackmore sur ce coup-là !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên (rires) : Ouais, je sais!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Même des titres comme “Child in Time”, “Mistreated”…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : J’ai adoré ces titres quand j’étais petit mais maintenant… Ceci dit, il faut les travailler. Si on prend par exemple le “In a Gadda da Vida” (NDLA : de Iron Butterfly, repris par Slayer pour les curieux comme me l’a rappelé Nguyên), c’est un très bon exemple d’un morceau que j’ai aimé quand j’étais petit et que je ne trouve pas terrible quand maintenant je l’écoute. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et là tous les morceaux que tu as repris, ce sont des titres tu aimes encore ? Si je te dis que ce soir, on s’écoute la discographie complète de Led Zep, ça te va ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Sans aucun problème !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Y a-t-il des morceaux que tu as été contraint de laisser sur le bas-côté parce que ce n’était pas possible pour des raisons de droits ou d’arrangements ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : J’ai travaillé d’autres trucs. Il y avait un autre Led Zeppelin, appelé “Friends” mais j’ai abandonné quand je me suis rendu compte que ce n’était pas assez intéressant dans le sens où cela n’était pas assez différent. C’était trop premier degré et je ne voulais pas du tout faire dans le premier degré. &lt;br/&gt;Et puis j’avais aussi travaillé un autre truc qui était “Seven Seconds” (NDLA pour les Metalleux : de Youssou n’Dour et Neneh Cherry). Mais il était juste hors-contexte car il était trop récent. Et surtout parce qu’il était trop récent. Et puis je trouvais cela plus intéressant de resserrer sur cette époque ds années 60-70 qui correspondent à un certain type de musique, à une certaine esthétique.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et tu arrives à aborder de la même manière les répertoires de Janis Joplin, de Stevie Wonder, de Bob Marley puis de Led Zeppelin ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : À chaque fois, c’est différent. Comment dire ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Il n’y a pas une Methode “Lê” applicable pour toute reprise ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Il n’y a pas de méthode, mais comme je te le disais, il y a un concept qui est et reste ce point de vue ethnique sur ces chansons pop et rock. Mais je te dirais que pour moi, c’est tellement naturel, j’aime tellement ces morceaux que j’y mets mes émotions et je sais vers quelle direction je vais aller et dois aller. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : On retrouve sur le disque, morceau après morceau, l’ensemble des musiciens qui déjà participé à tes précédents enregistrements d’albums. Te sont-ils d’une aide précieuse lors de l’écriture des arrangements ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Globalement, j’ai tout fait tout seul. Mais j’ai demandé de l’aide, volontairement, à certaines personnes comme Prabhu (NDLA: Prabhu Edouard, joueur de tablas franco-indien) car je voulais qu’il amène un truc totalement authentique. Un truc indien totalement authentique. Moi, je connais bien la musique indienne mais je ne la connais pas assez de l’intérieur et je voulais que ce soit plus un regard intérieur. À l’opposé, je connais plus la musique maghrébine que la musique indienne. J’ai donc mois ressenti l’envie de demander son aide à Karim Ziad (NDLA: batteur et percussionniste algérien), par exemple. Je lui ai juste demandé de jouer… ce qui est déjà beaucoup (rires).&lt;br/&gt;Sinon au niveau chant, je ne le lui avais pas demandé, mais Ousman Danedjo s’est beaucoup investi sur le morceau de Stevie, “Pastime Paradise.” Il s’est complètement approprié le morceau. Il a une personnalité très complexe et surprenante puisqu’il est complètement blanc, il a des racines polonaises et même temps il est africain. Il parle couramment plusieurs langues africaines, il chante comme un Africain. En fait, et je ne le lui avais pas dit expressément, mais j’attendais de lui qu’il donne un point de vue africain sur “Pastime Paradise.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et au regard du morceau d’origine, cela ne devait pas être gagné d’avance. C’est d’ailleurs le titre le plus long de l’album, le plus« World Progressif » ! On est loin de Coolio!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Exactement (rires)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Es-tu justement passé par une période où tu as passé le clair de ton temps à écouter comment d’autres musiciens avaient réarrangé ces morceaux, notamment ceux des Beatles et de Led Zep dont on ne compte même plus les ré-interprétations ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Un petit peu. Mais pas beaucoup en fait. Chaque fois que j’ai cherché et écouté, en passant par Deezer, j’entendais des trucs et me disant que ce n’était surtout pas ça que je devais faire. J’ai écouté mais plutôt dans un sens négatif.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Négatif dans quel sens ? Que ne faut-il, selon toi, pas faire lorsque l’on se décide à reprendre un morceau ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Ce que je conçois, surtout quand il s’agit de morceaux mythiques, de morceaux déjà monstrueux à la base, c’est qu’il ne faut pas que ce soit moins bien (rires). Il faut que ce soit un challenge, pas une simple copie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Finalement, après tant d’arrangements, tu te retrouves un peu avec des compositions personnelles ou cela n’a rien à voir avec un vrai titre que tu as composé de A à Z ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : C’est différent. Tu comprends que pour une compo personnelle, on est libre, on fait ce qu’on veut… même si cela n’est pas qu’un avantage. Là, ce qui est génial avec des morceaux pareils,  c’est qu’ils sont très, très forts et que quelque part on peut se laisser aller. Ils nous portent tellement c’est un plaisir de les jouer. Rien que cela, c’est déjà super, mais le danger est de ne pas trop se laisser aller dans ce plaisir parce que l’idée, c’est de les reprendre. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et pour une reprise, quel est ton cheminement ? Admettons, tu sélectionnes “Black Dog.” Comment procèdes-tu ensuite ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : “Black Dog”, par exemple, je prends juste le riff. Mais déjà il y avait le concept ethnique d’en faire une version orientale. Concept qui est déjà dedans en fait parce que Led Zeppelin, c’est extrêmement oriental. Il faut juste pousser un petit peu et ça ressort tout seul  tellement c’est présent dans leur musique. Donc ce que j’ai fait, c’est que j’ai gardé le rythme de la phrase, j’ai changé des notes pour que cela devienne subtilement différent. Il y a juste une espèce de chromatisme qui n’est pas dans le morceau original. Et ensuite, comme je le fais toujours dans les arrangements, j’insère un morceau à moi. Pas forcément un morceau entier, mais j’insère un petit quelque chose qui n’a pas de rapport direct avec le morceau. &lt;br/&gt;Il y a eu ensuite tout un travail avec la rythmique. Dans le morceau original, il y a un truc très complexe rythmiquement, en 9/16, et ce qui est marrant, c’est que John Bonham garde le 4/4. Et moi justement, j’ai fait le contraire : j’ai gardé le 9/16 et j’ai demandé à tout le monde de jouer en 9/16 (rires) !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et tu n’avais pas encore pensé au chant que tu allais y intégrer…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Le chant, c’est le plus spectaculaire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Limite chanté par une femme…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Tu peux le dire. Pourtant c’est Dhafer (NDLA: Dhafer Youssef, célèbre compositeur, chanteur et oudiste tunisien), mais son chant est tellement aigu. Mais comment te dire ? Je ne sais pas s’il connait Led Zeppelin de l’intérieur, mais en tout cas il connaît cette énergie. Il a déjà cette énergie en lui-même, on a joué plein de fois ensemble, et il aime bien quand je « Get nuts », quand je pars en transe avec l’électricité. Et en fait ce que j’adore en mettant des personnalités comme ça dans ce contexte musical différent de leur musique habituelle, on révèle le contexte d’une autre manière. On révèle l’orientalité de Led Zeppelin et on révèle la transe de ce Heavy Metal. Pour moi dans Led Zep, il y a cette transe.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Mais aussi un petit côté méditation, notamment lors du break de “Black Dog”...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Il y a la méditation, mais il y a surtout l’hystérie, le dépassement de soi mystique qui est complètement favorisé par ces rythmiques très lourdes et très entêtantes  et ces atmosphères mystiques. Et le chant de Dhafer est totalement mystique et j’adore le fait de révéler “Black Dog” de ce point de vue !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Pour Led Zep, justement, connais-tu l’album No Quarter Unledded, sur lequel Page et Plant avaient réarrangé un certain nombre de leurs hits, avec l’aide de musiciens marocains, gallois ? Certains titres partaient déjà bien dans « l’orientalisant », si tu me permets ce barbarisme…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Tout à fait.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Tu es allé bien plus loin qu’eux et que Page dans la science de l’arrangement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Mais, c’est Page et Plant qui ont commencé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Disons que j’ai plus eu l’impression en le réécoutant la semaine dernière d’entendre Page et Plant, plus des musiciens additionnels, reprendre quelques chansons bidouillées de Led Zep mais qui restent plus que clairement identifiables. Songs Of Freedom va au-delà du simple disque de reprises, mais au aussi et surtout au-delà du seul disque de guitare fusion.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : C’était ça l’idée : allez bien plus loin qu’eux. Mais en fait d’autres gens m’ont parlé de cet album et de cd DVD de Led Zep, de cette expérience ethnique de Led Zep. J’en avais vu quelques bouts à la télé. J’avais aussi vu un ancien groupe de Robert Plant, très maghrébin. Mais le DVD, je ne l’ai pas vu.&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et tu n’as pas plus envie que cela de le voir…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Si, si avec plaisir. Mais je n’ai pas cherché tant que cela en fait, je suis parti tout de suite dans mon délire. Mais on ne parle que de “Black Dog”, c’est un exemple. Comme je te l’ai dit, il n’y a pas de méthode. Chaque titre est différent.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Il suffit d’enclencher le CD une seconde fois pour s’en rendre compte. Le choix de “Eleanor Rigby” des Beatles comme opener et excellent. Mais est-il mûrement réfléchi ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Dans le disque , il y a des morceaux très, très intenses comme “Black Dog”, comme “Whole Lotta Love”, et je ne pouvais pas commencer avec un morceau comme ceux-là. Il me fallait une ambiance plus soft et dans “Eleanor”, j’adore l’intro, juste en duo guitare et chant. Elle sonne très vietnamienne. Je n’utilise pas les notes vietnamiennes, mais l’atmosphère, le jeu de guitare me rappelle l’intro d’un autre de mes disques très importants qui est Tales Of Viet-Nam, sorti en 96 (NDLA: “The Wind Blew It Away.”) Cela commence pareil, par un duo guitare-chant… sauf que la voix est vietnamienne et que je m’inspire du son de la cithare vietnamienne pour mon son de guitare. Et beaucoup d’années après, cela recommence avec une chanteuse coréenne, qui chante en anglais et à la fois une autre histoire et une même histoire qui commencent.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : L’idée était donc que cela monte crescendo dans l‘énergie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Exactement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et tu avais une idée précise de la manière dont l’album devait se terminer ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : C’est “Come Together.” J’ai eu l’idée de faire chanter cela par quatre chanteurs à la toute fin. Longtemps le morceau est resté sans chanteur pour te dire la vérité. Je ne trouvais pas quelqu’un qui puisse le chanter entièrement et on arrivait à la fin. J’ai eu cette idée d’inviter chacun d’eux à faire à sa manière chaque couplet. Pour le concept, c’était parfait de finir sur cette idée de réunion, de partage.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : As-tu songé à inviter un chanteur anglo-saxon ou une chanteuse ango-saxonne le temps d’un titre ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Pour ce disque, si. A un moment j’avais pensé à inviter Deedee Bridgewater ou Diane Reeves que j’adore, mais qui sont très jazz. Je suis sûr qu’elles auraient fait un carton mais cela ne s’est pas fait. Ce fut une idée que je n’ai pas poussée plus loin que ça. Après il y a aussi une histoire de sous. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et deux stars de jazz, elles risquent de t’éloigner et du côté guitare et de ton concept…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Déjà, j’allais leur demander de devoir travailler (rires). Ça, c’est une chose. L’autre chose, c’est tout le côté administratif et financier que je ne voulais pas trop assumer non plus. Là, ce qui est super, c’est que ce disque, c’est que les copains. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Effectivement ils jouent tous sur des disques précédents et on les retrouvera sur les prochains, et même le Hendrix 2…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : C’est que des gens que j’adore et pas juste de super musiciens. Pour certains, je les connaissais moins : Youn (NDLA: Youn Sun Nah, chanteuse d'origine coréenne), c’est la première fois que je bosse avec elle et en même temps c’était une super expérience. David Linx (NDLA: parolier, compositeur et chanteur de jazz belge), on se connaît depuis longtemps mais c’est la première que l’on travaille aussi sérieusement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : L’enregistrement a-t-il été compliqué à gérer, au regard des nombreux et divers participants ? D'autant que pour certains comme David Linx, en plus de les sortir du jazz, tu leur as demandé de chanter des morceaux éminemment féminins.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : L’enregistrement s’est fait en deux phases. Enfin pas deux phases, deux endroits : le Studio 7e Ciel à Issy-les-Moulineaux où l’on a enregistré en groupe, en quartet basse-batterie-vibra et guitare. C’est pour cela qu’il y a ce côté live et c’était important pour moi de garder cette énergie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Forcément tu n’as pas cette énergie quand chacun enregistre ses parties de son côté sur Protools et autres…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Tout le reste est fait comme ça. Mais la base reste cet enregistrement live et les solos sonnent super live. Moi, j’adore ça parce que c’est hyper écrit et très complexe et dès les solos de guitare, le tout pète les plombs.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : D’ailleurs as-tu déjà une idée du rendu scénique de cet album lorsque tu tourneras avec ce disque ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : En fait, on a fait un concert il y a un an et demi, donc bien avant le disque, mais pendant lequel on avait expérimenté quelques-uns de ces morceaux et de ces arrangements avec un groupe en quintet. On a fait cela à Lyon car j’avais l’opportunité d’une résidence et on a pu bien travailler dans cette optique. Donc je sais déjà que ces morceaux marcheront sur scène. Mais après et avec la réalisation du disque, j’ai ajouté d’autres morceaux qui seront plus complexes. Donc on va travailler.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Faut-il s’attendre à des sets qui mixeront à la fois des titres de Songs Of Freedom et de Purple ou comptes-tu ne jouer que des morceaux du petit dernier ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : On ne jouera que ce répertoire-là. À Lyon, on avait quand même joué “Little Wing” mais de toute façon, ça, c’est facile, je dirais. Mais les nouveaux morceaux, eux, sont très difficiles à exécuter. Et le vibra apporte une dimension harmonique et timbrale qu’il n’y a pas dans Hendrix. Il a juste cette même énergie, essentielle.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : À titre personnel, y a-t-il une reprise que tu aimes tout particulièrement ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : J’ai récemment entendu une version de &amp;quot;Bilie Jean&amp;quot; par un chanteur blanc qui joue de la guitare rock, c’était super. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Ce n’était pas John Mayer ou Coldplay ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Je ne sais plus, je vais chercher et je te dirai. C’était super car il le reprenait très « ballad », blues écorché. Rien à voir avec l’original, pas du tout funky swinguant comme Michael. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Et si demain quelqu’un te contacte pour reprendre une de tes compositions, quel titre souhaiterais-tu voir réarrangé dans l’idéal ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : J’ai déjà eu des messages de gens qui faisaient cela.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Pour quel résultat ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Une fois j’ai découvert une reprise sur Youtube, mais le mec joue tout seul un de mes titres qui s’appelle “Be.” Et je ne sais pas pourquoi, il a voulu le mettre sur Youtube, mais c’est juste guitare solo mais il ne la joue pas extrêmement différemment. Il n’y a pas d’arrangement spécial. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx :  Tu la vois comment la version thrash d’un de tes titres ? Ce serait un honneur d’être repris dans n’importe quel style ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Clairement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : C’est ce que je dis dans les notes du disque, la musique une fois qu’elle est faite, elle appartient à tout le monde. C’est inhérent à l’art de manière générale. Prends un peintre, une fois qu’il a fini son tableau. Tous les gens qui le voient vont donner leur interprétation, l’interprétation qu’ils en veulent et c’est ça qui est beau. C’est ça la liberté, le « Freedom » du titre, entre autres. C’est la liberté d’aller où on veut.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Sans trop se poser de question…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : Voilà.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sebrouxx : Je tiens à te remercier et te laisse le dernier mot aux lecteurs des Éternels, en principe amateurs de musiques extrêmes et brutales !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyên : J’ai essayé d’être le plus énervé possible sur ce disque et j’espère que cela vous plaira. Merci à toi. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un grand merci à Nguyên, à Axel Matignon et au label ACT.&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Bonjour.html&quot;&gt;http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Bonjour.html&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;http://www.actmusic.com/&quot;&gt;http://www.actmusic.com/&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Crédit photos: Sebrouxx SNRX&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Anil Prasad for Guitar Player </title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2008/3/1_Anil_Prasad_for_Guitar_Player.html</link>
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      <pubDate>Sat, 1 Mar 2008 14:08:35 +0100</pubDate>
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      <title>Robert Kaye for Abstract Logix</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2006/10/7_Robert_Kaye_for_Abstract_Logix.html</link>
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      <pubDate>Sat, 7 Oct 2006 22:48:39 +0200</pubDate>
      <description>&lt;br/&gt;One of the world’s foremost and incomparable World Jazz Guitarists/Composers/Producers Nguyên Lê was kind enough to respond to AL’s questions in between sessions of his Homescape album to discuss his latest, illustrious ensemble project, Walking on the Tiger’s Tail .&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Abstract Logix: Did having a brush with cancer affect your thinking about your music or life any differently? I know in part that’s what Walking on the Tiger’s Tail is about from reading the liner notes you wrote. How has that manifested in your life now, nearly 2.5 years later after recording the album?&lt;br/&gt;Nguyên Lê: With hospital life for several months I learned to be even more patient than I was before. With major illness I learned both the quiet acceptance of destiny and the urge and intensity of living. I experience music the same way; every moment in music is a miracle!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: You wrote in Walking on the Tiger’s Tail (WoTT) liner notes that most of the songs were inspired by Taoist stories. Do you practice Zen or Buddhism? If so, how has that affected your approach to music? Your approach to life in general?&lt;br/&gt;NL: I don't practice any religion. It's more about a philosophical approach, a way of thinking and an attitude in front of life that was inspired by reading those Chinese texts.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: What were some of the ancient Chinese texts that you referred to in the liner notes? Some people may want to read them as well.&lt;br/&gt;NL: It's mainly &amp;quot;Dao De Jing&amp;quot; from Lao Tze, &amp;quot;Zhuang Zi,&amp;quot; a collection of texts from Zhang Zi, &amp;amp; &amp;quot;Yi Jing,&amp;quot; the ancient divination book.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: There isn’t a bassist on WoTT. After playing with the some of the world’s finest (Carles Benavent, Renaud Garcia-Fons, Michel Alibo, etc.), why did you decide not to use a bass player on this album?&lt;br/&gt;NL: Sure. Some of my bass players friends still don't understand. In fact this started from a non-musical fact: the unique understanding we have together with Art &amp;amp; Paul. Once we played in trio and I felt that this combination of human and musical beings was something to keep preciously, and to develop wisely. There was still some rhythm support missing, but no bass function missing, as we can play bass lines with piano left hand, bass clarinet or octaved guitar. I like also the idea that therefore the soloist must have the mind and the responsibility of also being a rhythm player. So this bassist-free concept has nothing against bass players, it's more an exploration of new soundscapes that can happen because of it (like the drum &amp;amp; bass concept).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: One of your trademark sounds I’ve discovered – from having heard many of your albums over the years – is your guitar’s doubling and/or dancing with harmonies with the saxophone. Sometimes it’s very subtle, other times more overt. Did that start in Ultramarine? Why do you like doing it? (I love it; I just wanted to hear your opinion).&lt;br/&gt;NL: Wise listener! This started indeed with Ultramarine. I love the singing force of a guitar/sax unison – it is melody at its best lyrical strength and I must say that I worked a lot on the fusion of expression of both instruments (w/ trumpet it works very well too, as with Paolo Fresu) In WOTT it was more a chamber music concept, with everybody having his own line and moving melody leadership between instruments.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Playing with Paul really gives you the opportunity to explore that more, correct?&lt;br/&gt;NL: Correct. The rare instruments Paul plays ask for a special work on the sounds that go with them. I wrote all the music of this album while thinking of him (and Art, of course) and his very identifiable sound.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: “Wingless Flight” has elements of jazz, world percussion and rock guitar. Very cool song. There’s an element of Oregon’s music; of course Paul’s presence helps in that regard. But the melody line reminds me of something Ralph Towner might write... Yet your guitar solo is nearly raucous, almost rock like. Interesting contrast. Please discuss the piece further.&lt;br/&gt;NL: In fact the melody reminds me a of something that Oregon had pionereed in the ’70's when during their original “meeting” between Western classical music with jazz, they became the most European sounding American band, and defined what European jazz could be. In a way I started from them and added rock energy and non-western music to the meeting! Oregon has long been one of my favorite groups.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Your guitar solo in “Yielding Water” guitar is so cool. I hear elements of AfroAmerican blues, Middle Eastern scales, rock-in-general, outside bebop, and Asian/Chinese/Vietnamese… it’s wonderful. It’s almost a microcosm of your approach to soloing in general, as it were. Care to discuss that a little bit?&lt;br/&gt;NL: You said it. After and while integrating the lessons of traditional music from all over the world, my goal is to bring them to a true and homogenous language, as much in the guitar improvisation as the compositions themselves. This became prominent in my Bakida CD.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Also “Yielding Water” has a beautiful melody/harmony by you and Paul McCandless. Tell me more about that line.&lt;br/&gt;NL: Again, the idea is to have two lead melodies at the same time, so the listener can choose which s/he likes to focus on. Sometimes it's harmonizing, sometimes it's counterpoint. I'm a lot inspired by Vince Mendoza, who's writing for big band is full of these multiple melodies.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Walk me through “Jorai”… that’s a great piece! Sounds East Indian at times. Chinese, too. And your guitar solo texture/playing is just wild. Great track!&lt;br/&gt;NL: “Jorai” is based on a traditional song from a –Vietnamese ethnic minority of the same name. I think it's played on kind of circular harp with strange tuning. There are two different tonalities on each hand. I first transcribe the tune, then develop each hand part to two complete lead lines. Then added some interesting rhythms and harmonies. Lots of ethnic Vietnamese music can sound Indian as well as Indonesian. Here I emphasized the indian side while asking Jamey to play his hadgini and kanjira instruments.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: “Totsu!” has such a cool guitar sound at the beginning. Is that your synth guitar? Tell me more about that tune…&lt;br/&gt;NL: Which part ? The first neo-African guitar part with arpeggios doubled by the piano? I overdubbed my Parkerr electroacoustic guitar, which gives a bright and large dimension. Then there's an ambient pad, which you find back behind Paul's solo. This is my usual guitar pad sound, made with lots of different delays w/ different times, modulation rates and depths (using the Lexicon PCM 81). But I reworked this sound that I played live at home with the Ohmboyz plug in, with a program that transposes one octave down, while looping it like a delay.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Are there any other tracks you’d like to discuss in particular?&lt;br/&gt;NL: In fact the process of this recoding was interesting: we recorded two days in a live jazz situation while on tour in Germany. I brought all the multi-tracks back home and worked for two weeks on editing every track, choosing the best takes, adding effects and overdubs, refining sounds. Then I came back to the German studio (Bauer studios, Ludwigsburg, where they produce lots of ECM records) to mix during four days, including a 5.1, mix which was made for provision.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Do write most of your music on the guitar? (Chord changes, melody lines, etc.) I’ve noticed that throughout your work, many of your melodies can be melodies are quite somewhat complex yet ultimately “rememberable” not unlike a motif in Western classical music. Of course, I find this prevalent in WoTT quite frequently. Truth be told: it’s one of the many elements I’ve always admired about your approach to composition. Discuss your approach to songwriting, please.&lt;br/&gt;NL: Everything is possible regarding songwriting: singing or rhythm 1rst; chords 1rst, bass line 1rst;, melody 1rst, technical guitar lick or synthesizer sound, sampling, or an idea stolen from a previous listening, poetic, textual or philosophical ideas, etc.. For me, the computer is the central tool to keep track, organize, develop and orchestrate all these elements. It's a fantastic tool because it frees the composer of having to play what he writes. After finishing a composition, I always spend some days to learn it on guitar. There's a main rule I have, though: everything should be singable.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Your approach to the electric guitar is so unique. Your melodic lines often have an angular, Eastern-influence intervallic approach to them. Did you develop that when working on “Tales from Vietnam” or has that always been an element to your writing/playing?&lt;br/&gt;NL: It mainly started while studying Vietnamese traditional music with Tales from Viet Nam -- but first in the writing then in the playing. I also learned a lot when doing Maghreb &amp;amp; Friends and also just by ear while listening precisely to Indian and African music.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: For the guitarist/musicians reading this, how would you recommend someone begin practicing more with intervals to help understand how you utilize them in such a unique fashion?&lt;br/&gt;NL: First transcribe some phrases you like. Short phrases can be enough; for example, there can be so much to learn in just two notes played by Hariprasad Chaurasia, by example. Then try to emulate the sound and phrasing of that motif . Once you've learned that, try applying that phrasing and those techniques in other phrases of your own.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Along those lines, what do you practice? Study?&lt;br/&gt;NL: I do exactly what I just described. Last time was working on material from Indian mandolinist U. Shrivinas. But I don't have much time to do this. These days, when I'm not touring, I'm either preparing for a next record (Huong Thanh's fourth CD) or writing music. Also learning some new software at the moment.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: I think its wonderful that there are scores of your songs on your website to download and learn from. Did you personally write all those parts out or did someone transcribe them for you?&lt;br/&gt;NL: I wrote everything. That's the scores with which the tunes were created and are being played. Well, sometimes musicians.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Are those what you used as studio charts, for example when recording “Maghreb and Friends”?&lt;br/&gt;NL: For “Maghreb” there's a lot of orchestra scores. When I give sheets to the musicians each one has his own part, except if it's trio music.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: When did you learn to read music? Is that something you gained early on in your music education?&lt;br/&gt;NL: As a self-taught musician, I learned to write music because I needed to fix my compositions. Then because I was in some reading-demanding situations, like National Jazz Orchestra. In fact I'm not a good sight reader - except for [chord] changes of course. In sideman situations, I always ask the music to be sent in advance.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: You haven’t played acoustic guitar much on any of your albums… Is that something we might here from you in the future?&lt;br/&gt;NL: I'm slowly trying to include acoustic guitar as my instrument, but I must say I'm always frustrated when I play acoustic : no whammy bar, big body, heavier strings where bends are more difficult, etc... But I love the sound, the immediate presence &amp;amp; the natural rhythmic efficiency.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: Intonation being an obvious one, what are some of the other challenges you encounter when playing your fretless guitar?&lt;br/&gt;NL: It’s another frustrating but loved instrument. Besides intonation, the main issue is sustain (not much) &amp;amp; attack (very medium &amp;amp; sometimes too round).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;AL: What inspires you?&lt;br/&gt;NL: Everything, from the song of a bird to the perfume of a flower, an event on TV news or a specific musical idea. But &amp;quot;everything&amp;quot; is still pretty abstract &amp;amp; hazy, I cannot say &amp;quot;this comes from that&amp;quot; except for the specific musical ideas, like a special rhythm from North Africa, or a precise scale.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Guitarist Nguyen Le Interview (#92)&lt;br/&gt;2006-10-07&lt;br/&gt;Robert Kaye</description>
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      <title>Benoit Lugué, CitizenJazz.com</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2005/6/27_Pascal_Anquetil_pour_Virgin_Megapresse_2.html</link>
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      <pubDate>Mon, 27 Jun 2005 00:21:22 +0200</pubDate>
      <description>Nguyên Lê&lt;br/&gt;Entretien avec un guitariste amoureux des fusions rêveuses&lt;br/&gt;Plein de douceur et de tendresse, Walking on the Tiger’s Tail (ACT), le dernier opus du guitariste Nguyên Lê, contraste avec la fusion furieuse et électrisante de son hommage à Hendrix. Accompagné d’Art Lande (piano), Paul McCandless (sax, clarinette basse, hautbois) et Patrice Héral (percussions, batterie, boucles), Nguyên Lê semble vraiment à l’aise dans ce contexte aussi proche du jazz que de la musique de chambre. Rencontre quelques minutes avant son concert du 11 juin 2005 au Parc Floral de Vincennes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nguyen Lê © H. Collon&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Tu présentes aujourd’hui la musique de ton album paru en avril, avec une nouvelle formation. S’agit-il d’un tournant dans ta carrière ?&lt;br/&gt;Je dirais que c’est plutôt un retour, avec tout ce que je suis devenu depuis. C’est un groupe avec Art Lande et Paul McCandless, des musiciens avec qui j’ai fait mes deux premiers disques. Art a été très important pour moi, et ça faisait très longtemps que je voulais revenir à ce que j’appelle ma musique pour piano. Je n’ai pu réaliser cela qu’avec Art, qui est devenu mon pianiste préféré. Depuis mes deux premiers disques, j’ai fait énormément de choses qui ne comportaient quasiment pas de piano. Là, toute la musique est écrite pour le piano, pour Art et Paul et ce son si délicat qu’ils ont ensemble. Je voulais retrouver cette subtilité dans le pianissimo que l’on ne peut avoir qu’avec des instruments acoustiques.&lt;br/&gt; D’ailleurs c’est une formation qui ne comporte pas de bassiste...&lt;br/&gt;Ça c’est encore une autre histoire... Au départ, nous avons joué en trio Art, Paul et moi. On a fait quelques concerts qui se sont très bien passés. La formule était parfaite pour combiner ce goût pour l’écriture et l’aventure de l’improvisation collective. C’est assez rare quand tout ça est réuni, et je ne voulais pas gâcher cette rareté avec un bassiste. La fonction de la basse, c’est justement la base. Et des fois, ça peut empêcher de voler...&lt;br/&gt; Cette absence n’est pas si évidente, vous avez tous exploré les registres graves...&lt;br/&gt;Absolument. On peut devenir à tour de rôle le bassiste du groupe, avec des sons différents. On peut aussi désirer ne pas avoir de basse pour garder un côté très léger et aérien.&lt;br/&gt; Sur cet album, on retrouve la patte Nguyên Lê, toujours incisive mais peut-être plus chantante et délicate...&lt;br/&gt;Avec des instruments acoustiques, je ne peux pas me permettre de mettre le turbo comme je le fais dans mon groupe sur Hendrix. Je suis conscient qu’il faut respecter les timbres.&lt;br/&gt; Tu as eu de graves problèmes de santé ces deux dernières années. Une telle épreuve bouleverse-t-elle ton approche de la musique ?&lt;br/&gt;Déjà, ça m’a fait sentir à quel point la musique était importante, vitale. Le fait d’avoir toujours la musique en moi, c’est ce qui m’a sauvé... Quand je suis sorti de ces moments difficiles, j’ai voulu rendre hommage à la musique qui m’avait tant donné, et le faire avec ces êtres chers que sont Art et Paul.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;© Patrick Audoux&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; Tu n’abandonnes pas pour autant tes projets plus orientés fusion ?&lt;br/&gt;Pas du tout. Je tourne dans le monde entier avec le projet Hendrix. J’adore faire les deux, et je ne resterai jamais dans un seul de ces côtés-là. J’adore autant la transe et l’énergie débridée que l’on peut avoir avec l’électricité que la subtilité d’une ballade...&lt;br/&gt; Tu travailles encore beaucoup la guitare ?&lt;br/&gt;Ça dépend dans quel sens. Je travaille des choses héritées de l’écoute d’instruments traditionnels. Par exemple des glissandos, des trucs spécifiques. Pas du tout les gammes ou les grilles...&lt;br/&gt; Ça c’était plutôt ta jeunesse...&lt;br/&gt;(rires) Voilà ! J’ai passé quand même quelques années à le faire !&lt;br/&gt; Quelles sont les musiques traditionnelles qui t’inspirent ?&lt;br/&gt;Bien sûr il y a la musique traditionnelle vietnamienne. Sinon j’écoute aussi des guitaristes merveilleux qui ont intégré les techniques, le son et le phrasé de leur propre musique traditionnelle, tout en jouant sur un instrument occidental. Je pense notamment à un guitariste de Crimée qui jouait comme Stanley Jordan dix ans avant lui, et qui joue la musique d’Europe de l’Est avec un tapping monstrueux.&lt;br/&gt; Tu as développé pour ta part une grosse technique de vibrato...&lt;br/&gt;Avec un vibrato on peut changer toutes les attaques, et faire des choses impossibles à réaliser sur une guitare « normale » : baisser le pitch d’une note jouée par exemple. Sur une guitare normale, on peut seulement monter le pitch en faisant un bend. Tout ça pour dire que le vibrato fait vraiment partie de mon arsenal d’expression sur la guitare électrique. J’ai pu développer tout un vocabulaire d’ornementation. Je peux ainsi faire sonner la guitare comme le monocorde, un instrument traditionnel vietnamien. Si je n’ai pas de vibrato sur une guitare, je suis très frustré !&lt;br/&gt; Revenons à ton album. Son titre est assez intriguant. Quelle est la signification de ce Walking on the Tiger’s Tail, en français « Marcher sur la queue du tigre » ?&lt;br/&gt;Cela vient d’un livre chinois ancien, le Yi King, un livre de divination que l’on utilisait pour essayer de se trouver soi-même et de reconnaître son propre destin. Un des développements s’appelle « Marcher sur la queue du tigre ». Ce tigre est symbole du danger. La leçon des sages chinois, c’est justement d’apprivoiser ce tigre pour devenir soi-même, la plus grande patience et subtilité. Si le danger a été bien combattu, on peut connaître le succès. Si je fais un parallèle avec la maladie, je dirais que la plus belle manière de l’affronter c’est justement de l’intégrer parce qu’elle fait partie de soi. Il ne faut pas la rejeter. Et si on réussit à acquérir cette patience, ce déni de soi, on s’en sort transformé.&lt;br/&gt; La lecture peut faire naître des idées musicales ?&lt;br/&gt;Ça va dans les deux sens. Le rapport entre la musique et le texte est assez complexe. Le texte peut inspirer des musiques, mais j’aime bien aussi aller dans l’autre sens. Pour cet album, j’ai beaucoup cherché dans les bouquins. J’ai trouvé des phrases qui résonnaient en moi, et je les ai assignées à des morceaux de musique.&lt;br/&gt; Tu es chez ACT, label allemand, depuis plus de dix ans. Pas si courant pour un jazzman français...&lt;br/&gt;Tout à fait... Avant de signer chez eux, j’avais trouvé qu’il n’y avait pas de véritable suivi sur mes deux premiers albums. Il me manquait aussi une ouverture sur l’étranger. On peut très rapidement tourner en rond si on reste en France. On ne se rend pas compte à quel point la France a un côté fermé, surtout au niveau du business des concerts. Avec ACT, je suis allé en Finlande, en Pologne, en Suisse, en Espagne...&lt;br/&gt; Tu es aussi allé jouer au Viêt-Nam ?&lt;br/&gt;J’ai joué l’an dernier avec la chanteuse Huong Tanh. C’était génial ! Tout ce projet est basé sur des musiques traditionnelles que j’arrange. Quand on a joué cette musique à Hanoï et Saïgon, on faisait déjà leur musique. Je dis « leur » parce que mes parents sont vietnamiens, mais je suis né à Paris. J’ai donc un rapport assez compliqué avec le Viêt-Nam. Officiellement je suis plus français que vietnamien, mais j’ai toujours essayé de développer le Viêt-Nam qui est moi. La manière dont je joue la musique traditionnelle ouvre l’imaginaire pour les Vietnamiens de souche qui ne soupçonnaient pas que leur propre culture pouvait aller jusque-là. Pour eux, il n’y a qu’un « Viet-kyo » (Vietnamien qui vit en France) pour pouvoir faire ce travail.&lt;br/&gt; Pour finir, quelque chose de plus léger... Tu as toujours un look assez étonnant. C’est une vraie passion ?&lt;br/&gt;J’ai toujours aimé ça. Je me suis calmé parce qu’à l’époque d’Ultramarine, je craquais vraiment sur les fringues. J’ai toujours trouvé ça idiot, puisqu’il faut s’habiller, de choisir des vêtements qui ne sont pas remarquables. Ça n’a rien à voir avec la scène, je suis aussi comme ça dans la rue !</description>
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      <title>Ted Panken for JAZZIZ cover story</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2005/5/1_Ted_Panken_for_JAZZIZ_cover_story.html</link>
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      <pubDate>Sun, 1 May 2005 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Stéphane Barthod pour Jazz à Caen (jazzcaen.com)</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2002/6/22_Stephane_Barthod_pour_Jazz_a_Caen_%28jazzcaen.com%29.html</link>
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      <pubDate>Sat, 22 Jun 2002 00:00:00 +0200</pubDate>
      <description>Que « signifie » le jazz dans ta musique, entre tes influences rock, tes racines vietnamienne et une ouverture « tous azimuts » ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le Jazz est le langage musical qui me correspond le mieux car il peut justement réunir toutes ces influences. C'est une forme d'Art par définition ouverte, a la fois une tradition avec ses origines &amp;amp; son histoire &amp;amp; un mouvement culturel qui n'a cessé de se développer tout au long de ses rencontres &amp;amp; métissages. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tu as décrit le jazz comme étant la notion de passer du « beau » vers celle du « vrai ». peux-tu développer ? (voilà-t-y pas un beau sujet de philo ?)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'est une vaste question, mais je pense surtout à la problématique de l'improvisation : l'essentiel du geste mprovisé est qu'il provienne d'une intention forte &amp;amp; profonde, d'une émotion sincere &amp;amp; d'une inspiration vitale. Toutes les notes peuvent se justifier si elles sont vraies. Inversement, j'irais même jusqu'a dire (surtout pour les étudiants) que si l'on a raté une phrase, c'est que l'on n'y croyait pas assez.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tes racines vietnamiennes sont-elles très présentes dans ton enfance et ton éducation (tes parents écoutaient je crois de la musique classique et traditionnelle), ou bien est-ce surtout de jouer de la musique qui t'a amené&lt;br/&gt;à remonter aux sources ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'ai été environné de musique vietnamienne dans mon enfance mais c'était une influence passive, à laquelle je n'avais pas spécialement goût. Il m'a fallu attendre mes premiers projets solo (Miracles, 1989; le morceau &amp;quot;Vent d'Automne&amp;quot; dans le CD &amp;quot;Esimala&amp;quot; d'Ultramarine; Tales from Viet-Nam, 1995) pour commencer ce retour aux racines &amp;amp; faire venir à jour ces premières influences inconscientes. Un travail de recherche &amp;amp; d'étude, pas du tout un exercice inné.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Apprendre le monocorde avec Truong Tang (peux-tu préciser à quelle époque) a-t-il changé ta façon d'appréhender la guitare ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'ai commencé à apprendre le monocorde à mon 1er séjour au VN, en 1979, puis j'ai continué à Paris avec Truong Tang. J'ai surtout appris une technique, que j'ai appliquée à la gtr électrique avec vibrato. J'ai aussi senti, car je n'étais pas très bon, qu'il valait mieux que je travaille à &amp;quot;vietnamiser&amp;quot; la gtr que d'apprendre les instr trad viet.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tu utilises l'ordinateur pour monter des maquettes. Est-ce pour toi un instrument à part entière, pour la composition, l'arrangement ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je fais tout avec l'ordinateur, beaucoup plus que des maquettes &amp;amp; la composition. Je prépare des séquences avec lesquelles les musiciens jourent sur le disque (déjà dans &amp;quot;Miracles&amp;quot; ou même &amp;quot;Programme Jungle&amp;quot; il y a des séquences de QY 7 !) J'enregistre des parties qui se retrouveront sur le mix final (j'ai commencé avec &amp;quot;Tales from VN&amp;quot; avec des enregistrements d'instr trad, de sax/flute &amp;amp; de gtr) Maintenant j'ai réalisé les deux CD de Huong Thanh entièrement à la maison, mix compris. Actuellement je mixe la totalité de mon prochain CD à la maison, après avoir transféré sur mon disque dur les prises live enregistrées au studio Davout à Paris.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tu collabores régulièrement avec Peter Erskine depuis ton premier album solo jusqu'à l'album ELB. Tu te sens des affinités musicales particulières avec lui ou est-ce surtout une question de rapports humains ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Depuis &amp;quot;Miracles&amp;quot;, Peter a toujours été mon &amp;quot;bon ange&amp;quot; en me recommendant dans diverses situations qui ont toutes été marquantes pour moi : Jazzpana &amp;amp; Sketches avec Vince Mendoza, la rencontre avec le label ACT, en sept je vais jouer avec lui avec le Philarmonique de Berlin dirigé par Simon Rattle. Mais c'est avant tout un batteur fantastique, qui allie précision &amp;amp; swing, finesse &amp;amp; goût. J'ai beaucoup appris avec lui.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sans être toi-même « mono-hendrixo-manique », Jimi Hendrix revient régulièrement dans ton parcours, plus en tous cas que chez d'autres guitaristes. Que représente-t-il pour toi ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le père de la gtr électrique par l'utilisation exacerbée de la dimension sonore offerte par l'électricité - les effets, la distorsion, le &amp;quot;bruit&amp;quot;; le symbole de l'engagement viscéral du musicien dans son acte d'expression - comme si chaque note était la dernière.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ton prochain album est justement centré sur Hendrix. Où en es-tu de ce côté ? Et comment as-tu rencontré Terry Lyne Carrington ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je mixe &amp;amp; dois finir le 4 juillet. Sortie du CD &amp;amp; premiers concerts début octobre, le 19 oct à la Cité de la Musique, le 14 fev à Caen !&lt;br/&gt;L'agent de Terri Lyne, qui m'avait invité sur un projet autour de Hendrix à Stuttgart en 1995, m'a contacté pour me demander de remplacer Robben Ford dans le groupe de Terri sur une tournée en avril 2000. Je suis resté !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Tu as enregistré dans beaucoup de formules différentes, du trio au big band. Je ne te connais pas de prestations en solo ou en duo. Cela ne t'attire pas ou l'occasion ne s'est-elle pas présentée ? (ou bien j'ai raté un truc ?)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C'est en effet rare. J'ai fait 3 concerts en solo. J'aime ça mais je dois dire que je trouve cela assez triste - une des raisons pour laquelle je fais de la musique est de jouer avec des gens ! J'ai fait quelques concerts en duo, un super avec Paolo Fresu parce que Furio di Castri était bloqué dans un aéroport, un autre super avec John Taylor, un autre avec Jon Balke. Ca m'intéresse mais rien de concret pour l'instant.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Interview par Stéphane Barthod, &lt;br/&gt;Jazz à Caen (jazzcaen.com), 22/06/02</description>
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      <title>Bert Saunders for Denver Post, &#13;Colorado, USA</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2002/1/16_Bert_Saunders_for_Denver_Post,_Colorado,_USA.html</link>
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      <pubDate>Wed, 16 Jan 2002 00:00:00 +0100</pubDate>
      <description>1. Could you describe what makes the creative musical environment in Paris so unique?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;I think this has to do with how different cultures mix here. Every big city in the West is muticultural, but Paris has a special way to integrate those different cultures. Last time Paul McCandless was here, we went to a great chinese restaurant in small Chinatown of Paris, met a tunisian friend who brought us in 5mn walk to a genuine tunisian cafe where people smoke big waterpipes. Ethnic communties are closer to the other, they can share &amp;amp; communicate more easily. 2. Could you detail some of your musical influences?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;They are very various : I grew up with traditional vietnamese &amp;amp; western classical music my parents were listening to; but the 1rst music which moved me was Deep Purple - I was 12. After Hard Rock I listened to Progressive Rock (King Crimson, Yes, etc...) then Fusion (Mahavishnu, Chick Corea). When decided to learn guitar seriously I went to my &amp;quot;real jazz&amp;quot; period - Coltrane, Miles, Bill Evans, Wes Montgomery, Keith Jarrett... When I started my own bands I came back to my own roots : Electric Rock &amp;amp; Vietnamese Music. Gtr players : I love Bill Frisell, Scofield, Jeff Beck, Hendrix... But these days my main influence is all sorts of traditional music : vietnamese of course, indian (Chaurasia, U Srinivas - do you know this incredible guitarist Debashish Bhattacharya ?), african (Gnawa music, Salif Keita...) Turkish (Kudsi Erguner). At least I must say that Art Lande was a big influence on me. While playing &amp;amp; working with him I understood the spirit of Jazz, which I would define as a secret balance between freedom &amp;amp; control, emotion &amp;amp; intelligence. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;3. How is &amp;quot;jazz&amp;quot; defined in France? Is there a prevalent conservatism about the music like there is here in the US?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Jazz in France is pretty open I think. There's no conservatism à la Marsalis because Jazz is not &amp;quot;our&amp;quot; music - we didn't create it, so what can we &amp;quot;conserve&amp;quot;? - at least Django Reinhardt !. That means we have to create our own ways to do it. Of course, as always, there's several stylistic chapels : pre-bop, bebop, modern, fusion, avant garde, world, etc... But whoever wants it will cross the borders.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;4. Where is your music headed, or what would you like to achieve through music?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;These days my music is very related to the fascination I have for some traditional music. It inspires my compositions &amp;amp; my approach to gtr. I have worked on preexisting melodies &amp;amp; rythms, now I'm trying to write my own &amp;quot;traditional&amp;quot; compositions. Music is also a beautiful way of bringing people together : such different people can meet &amp;amp; converse &amp;amp; create a unique thing upon this diversity. With music like &amp;quot;Tales from Vietnam&amp;quot; I can bring people to the beauty of the culture of Vietnam. At the same time I construct &amp;amp; enrich my own identity. Going back to the very old to create the very new : I always dreamt of doing &amp;quot;unknown&amp;quot; music, music which had never been heard before.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Interview for Bert Saunders, Denver Post, Colorado, USA 16/01/2002&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
    <item>
      <title>Renaud Czarnes pour Jazzman</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2001/10/1_Renaud_Czarnes_pour_Jazzman.html</link>
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      <pubDate>Mon, 1 Oct 2001 00:00:00 +0200</pubDate>
      <description>- Pour vous, comme pour de nombreux musiciens, le jazz a été une &amp;quot; vocation tardive &amp;quot;. En outre, vous n'avez pas été, non plus, un guitariste précoce. Pouvez-vous nous raconter ces deux &amp;quot; rencontres &amp;quot; ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- J'ai commencé la musique très tard. D'ailleurs, les premières notes qui m'ont vraiment marqué sont celles de Deep Purple, j'étais alors en classe de 6eme. L'énergie et l'électricité du hard rock m'ont plu. J'ai toujours gardé ces 2 éléments, pour moi proches de la transe, dans mon jeu. Puis j'ai été batteur dans un groupe de lycée. Notre musique était déjà très improvisée, avec une couleur King Crimson. Un jour, le guitariste a laissé son instrument chez moi. J'ai pris sa guitare et j'ai ressenti un nouveau déclic. C'est donc à l'âge de 16 ans que j'ai définitivement choisi la guitare. J'ai alors commencé un apprentissage en&lt;br/&gt;autodidacte, ce que je suis resté jusqu'au bout.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- À cette époque, écoutiez-vous du jazz ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Pas vraiment. Mais j'improvisais beaucoup. Je n'ai jamais appris à jouer sur les morceaux à la mode. J'ai commencé à écouter du jazz-rock. D'abord avec Return To Forever, puis John McLaughlin et, enfin, Weather Report. Puis, un ami m'a montré le Real Book : avant, je n'aimais pas les accords, surtout les accords majeurs ! Lorsque j'ai appris les accords jazz, tout a changé. J'ai compris que l'improvisation était une façon de développer de manière horizontale l'harmonie qui est verticale - en tous cas dans le langage bebop. Je n'ai appris le solfège, toujours tout seul, que lorsque j'ai souhaité écrire mes premières compositions.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Vous êtes devenu bassiste électrique également...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- En effet. Tout simplement parce que, à la fin des années 70, il n'y avait pas de bassistes. Cela m'a permis de travailler avec beaucoup de musiciens et, à force de jouer les standards, de beaucoup apprendre. Je menais la musique et mes études d'arts plastiques et de philosophie de front. La dernière fois que j'ai joué de la basse, c'était avec Marc Ducret, &amp;quot; Seven Songs From The Sixties &amp;quot;.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- À quel moment avez-vous définitivement opté pour la musique ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Cela s'est fait naturellement. Après les standards, j'ai joué davantage de morceaux du jazz moderne comme ceux de Wayne Shorter. C'est à ce moment-là que j'ai rencontré Mario Canonge. Nous avons eu l'idée de créer un groupe qui développerait nos propres racines. C'est ainsi qu'Ultramarine est né. Deux mois plus tard, le groupe a remporté le 1er prix du concours de la Défense. Après le 1er CD autoproduit &amp;quot; Programme Jungle &amp;quot;, le groupe a trouvé son identité définitive lorsque Etienne Mbappé et Mokhtar Samba sont venus nous rejoindre. Ils ont apporté une composante beaucoup plus radicale &amp;amp; surtout plus africaine.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Que vous a apporté l'expérience d'Ultramarine ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- C'était l'école du rythme à 200% : la leçon de mise en place &amp;amp; de tempo, la découverte de nouvelles combinaisons rythmiques... Malheureusement, le groupe s'est éteint sans que personne ne l'ait vraiment décidé :sans chef, pas de responsable...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Envisagez-vous de reformer le groupe ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Fin janvier, Ultramarine s'est reformé exceptionellement ! Etienne Mbappé nous a réunis dans le cadre de sa carte blanche au Sunset, sans que le nom d'Ultramarine n'ait été évoqué. Les trois jours se sont très bien déroulés. C'était super de voir que le groupe est toujours aussi puissant &amp;amp; unique, mais aussi que chacun a développé son identité depuis 10 ans que nous n'avions pas joué ensemble ! Il n'est pas exclu que nous nous produisions à nouveau, cette fois-ci, sous le nom du groupe, et que nous réalisions éventuellement un disque.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Au milieu de l'expérience d'Ultramarine, vous avez vécu une autre aventure enrichissante avec l'ONJ d'Antoine Hervé...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Antoine Hervé m'a embauché après m'avoir écouté en club. J'ai beaucoup appris au niveau du son et du placement. A quoi sert un guitariste dans un grand orchestre ? Comment gérer le choix de mes timbres par rapport aux cuivres ? Comment se placer au sein d'une section ? Mes réponses à ces questions ont consisté à jouer le contraire de l'orchestre ! C'est-à-dire rock, électrique et climatique. Je créais plein de sons et d'effets. J'ai beaucoup appris durant ces trois années passées au sein de l'ONJ et avec tous les invités, en particulier Peter Erskine.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Vous êtes d'ailleurs devenu leader avec Peter Erskine en sideman de luxe...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Avant cela, à la sortie de l'ONJ, Ultramarine a enregistré son deuxième disque, &amp;quot; Dé &amp;quot;. J'ai ensuite réalisé mon premier disque en leader, &amp;quot; Miracles &amp;quot;, en compagnie de Art Lande, Marc Johnson et Peter Erskine. Avec de tels musiciens, on ne peut pas faire semblant. Ils vous poussent à vos propres limites et, surtout, à être vous-même, tant ils sont au service de votre musique. Je me souviens que, lors de la séance de &amp;quot; Miracles &amp;quot;, nous avons enregistré Question Mark, ma première composition ternaire. Lors de la première prise, je jouais des phrases dans un style linéaire &amp;quot;bebop&amp;quot; sur la grille. Mais cela ne fonctionnait pas. Sur la 2e prise (celle du CD), je joue avec un phrasé différent, plus &amp;quot;vocal&amp;quot; : Plus de sustain donc de distortion mais moins de notes. C'est à ce moment-là que j'ai senti ce que c'était que de jouer jazz : c'est-à-dire être soi. Ce qui signifiait, pour moi, ne pas être jazz, mais rock !Le pianiste Art Lande, malheureusement méconnu en France, m'a beaucoup aidé à développer cette identité jazzistique. Il me mettait dans des situations où j'étais obligé d'avoir confiance en moi. J'ai alors compris ce que signifie liberté dans le jazz : on peut faire ce que l'on veut du moment que l'on y croit intensément et que cela a un sens. Le jazz, c'est déplacer la notion du Beau vers celle du Vrai; c'est repousser sans cesse les limites. C'est la musique qui allie le mieux l'émotion à l'intelligence.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Comment s'est effectuée la rencontre avec Siegfried Loch, qui dirige le label allemand ACT, votre maison de disque depuis 1993 ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Avant d'arriver chez ACT, j'ai eu le plaisir de travailler avec Andy Emler et son Megaoctet, ainsi que Michel Portal. Puis, j'ai enregistré mon deuxièmeCD, &amp;quot; Zanzibar &amp;quot;, toujours avec Art Lande. Je situe mes deux premiers disques dans ma période &amp;quot; pianistique &amp;quot;, c'est-à-dire, très harmonique. Ensuite, avec François Moutin et André Ceccarelli, nous avons enregistré &amp;quot; Init &amp;quot; début 1993. C'est à Peter Erskine que je dois ma &amp;quot; présence &amp;quot; en Allemagne à partir de cette époque-là. J'ai d'abord remplacé Steve Khan, le guitariste du projet &amp;quot;Jazzpana&amp;quot; de Vince Mendoza avec le WDR big Band de Cologne. Ils m'ont ensuite invité dans de nombreux autres projets avec Bob Brookmeyer, les Yellowjackets ou &amp;quot;Sketches&amp;quot; avec Mendoza encore. Siegfried Loch m'a alors proposé de signer sur son label ACT. En huit ans et une dizaine d'enregistrements chez ACT, je suis aussi connu en Allemagne qu'en France. A force de jouer en Allemagne et dans les pays nordiques, je me rends compte combien la France est isolée en Europe. J'ai commencé à travailler en Europe lorsque j'ai commencé à avoir un nom en Allemagne. Certains de mes orchestres n'ont pratiquement jamais joué en France - mon trio avec Dieter Ilg &amp;amp; Danny Gottlieb, ainsi que celui avec Renaud Garcia Fons &amp;amp; Tino di Geraldo. En Allemagne, chacun de ces trios a du faire 3 ou 4 tournées de 2 à 3 semaines chacune.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Siegfried Loch vous a-t-il d'emblée donné carte blanche pour votre premier enregistrement en leader chez lui ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Pour le premier disque, il a souhaité un enregistrement en trio. Ce fut &amp;quot; Million Waves &amp;quot; avec Dieter Ilg et Danny Gottlieb enregistré fin 1994. Cet enregistrement marque la fin de ma période &amp;quot; pianistique &amp;quot;. J'ai opté pour le concept d'un &amp;quot;Power Trio&amp;quot;, comme celui d'Hendrix, avec des compositions plus simples harmoniquement pour privilégier l'énergie &amp;amp; le groove. J'ai essayé de faire éclater le son du trio, au niveau des timbres, des espaces et des climats.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Par la suite, la formule du trio est devenue essentielle pour vous...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Oui, comme en témoignent mes enregistrements chez ACT. 1997 est l'année de &amp;quot; 3 Trios &amp;quot;, un disque de transition entre mes différentes conceptions de trios. Ainsi, j'ai fait intervenir mes trois trios, celui d'avant, avec Marc Johnson et Peter Erskine, le dernier en date, avec Dieter Ilg et Danny Gottlieb. Et les prémisses du trio suivant, avec Renaud Garcia-Fons &amp;amp; Mino Cinelu. Mino sera plus tard remplacé par Tino di Geraldo. Ce trio, consacré dans mon CD &amp;quot;Bakida&amp;quot; tire son inspiration des musiques traditionnelles. La personnalité ethnique de chaque musicien est très importante. Un trio avec une rythmique espagnole pour jouer une &amp;quot;musique du monde&amp;quot; &amp;amp; des compositions qui projettent l'imaginaire de mes propres &amp;amp; multiples traditions.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- N'y-a-t-il pas eu, pour vous, une étape fondamentale, avant la constitution de ce dernier trio, à savoir la quête de vos racines vietnamiennes ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- André Francis a initié le projet &amp;quot; Tales from Viêt-Nam &amp;quot;(CD en 1996), en m'offrant une commande/carte blanche pour le festival &amp;quot;Présences 95&amp;quot; de Radio France. Depuis mon 1er CD &amp;quot;Miracles&amp;quot; je voulais faire quelque chose autour de mes racines, mais il n'y avait rien de très abouti jusque là. J'ai donc attendu de me sentir assez &amp;quot;mature&amp;quot; - d'avoir acquis une certaine maitrise du language jazz - pour faire &amp;quot; Tales from Viêt-Nam&amp;quot;. Travailler sur le répertoire, le phrasé &amp;amp; avec des musiciens traditionnels a été pour moi une manière de retrouver la vérité de mes racines, mais aussi, en quelque sorte, de dire à mes ancêtres : &amp;quot; voilà comment je comprends votre culture et comment je la rends mienne &amp;quot;. Pour moi, le Viêt-Nam ne va pas de soi : La part qui en émerge de moi, je l’en ai fait sortir, comme une tradition réinventée. Pour moi, il y a un avant et un après ce disque.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Cela n'a-t-il pas été trop difficile de quitter l'Asie pour le Maghreb avec &amp;quot; Maghreb &amp;amp; Friends &amp;quot;, le projet que vous avez mené avec Karim Ziad ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- J'avais rencontré Karim Ziad lors de l'enregistrement de &amp;quot; Mejnoun &amp;quot; de Safy Boutella en 91 et je voulais retravailler avec des musiciens maghrébins. Après l'Asie, j'avais soif de rythmes &amp;amp; Karim m'a initié a ce tout nouveau &amp;amp; fascinant langage rythmique maghrébin. Je me suis aperçu que l'expérience de &amp;quot; Tales from Viêt-Nam&amp;quot; m'a apporté des concepts, des méthodes &amp;amp; des phrasés qui peuvent s'appliquer à la rencontre d'autres cultures. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Vous reconnaissez-vous dans cette espèce de &amp;quot; world jazz &amp;quot; qui émerge, mais, malheureusement, dans lequel on trouve le meilleur et le pire ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- J'ai longtemps détesté le mot &amp;quot; world music &amp;quot;. Elle désigne souvent la coexistence de musiques étrangères, orchestrée par un producteur blanc qui cherche juste un nouveau moyen de se faire de l'argent : une démarche neo-coloniale. Je préfère aujourd'hui redéfinir l'expression &amp;quot; world music &amp;quot; comme la musique d'aujourd'hui des gens du monde. Celle des nouvelles générations de fils d'immigrés qui ont intégré les outils et la culture de la modernité pour rendre leur la tradition de leurs parents. Cela préfigure l'apparition d'une nouvelle identité qui n'est ni celle du passé ni celle de l'occident. L'Orchestre National de Barbès en est un parfait exemple. Je fais partie de cette génération-là. La &amp;quot; world music &amp;quot; dans ce cas-là, est la réalité objective d'un monde où les époques &amp;amp; les cultures s'entrechoquent &amp;amp; font de nouveaux enfants. On ne peut pas aller contre le réel qui bouge, contre les cultures qui se cherchent. Il est intéressant de noter que ce phénomène est typiquement européen, &amp;amp; que les Etats-Unis, qui nous ont quand même donné le jazz, ne produisent pas de métissages aussi convaincants qu'ici.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Votre prochain enregistrement qui sort ces jours-ci, toujours en trio, avec Michel Benita et Peter Erskine, marque-t-il votre retour à un jazz plus... jazz ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Sans aucun doute. Tous les trois nous nous sommes croisés depuis plusieurs années dans de multiples projets &amp;amp; avons cultivé le plaisir de jouer ensemble. Après quelques occasions informelles, nous avons joué en janvier 2000 au Duc des Lombards, à l'initiative de François Lacharme. Puis enregistré au Rainbow Studio d'Oslo au mois d'octobre dernier. En deux jours, nous avons enregistré et mixé 12 morceaux avec le formidable ingénieur du son d'ECM Jan Erik Kongshaug. Ce trio est un vrai groupe, avec 3 leaders : chaque décision est prise en commun, par un incessant échange d'emails ! Pour moi ce trio est une nouvelle étape dans la maturité : (ré)intégrer ce que j'ai appris de mes expériences &amp;quot;world&amp;quot; dans un contexte parfaitement jazz, affirmer cette identité au niveau instrumental &amp;amp; (sans doute une conséquence de l'âge !) jouir de la retenue, de le canalisation des énergies.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Guitariste de jazz, vous puisez une partie de votre identité stylistique dans le rock. Avez-vous été influencé, à vos débuts du moins, par quelqu'un comme Mike Stern ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Mike Stern est sans doute le premier à avoir développé un phrasé très be-bop, très linéaire, avec un son rock. Mais je n'ai jamais été vraiment séduit par son jeu. Mes préférences vont plutôt à des musiciens comme John McLaughlin, l'un des premiers à évoluer dans le &amp;quot; world jazz &amp;quot;, John Scofield, pour la sincérité de son discours, Allan Holdsworth, pour le son, ou Bill Frisell, l'un des plus créatifs et qui, comme moi, est également parti à la recherche de ses racines. J'aime beaucoup Louis Winsberg car nos préoccupations sont similaires. Mais, dans mes influences, je compte également quelques rockers, comme Van Halen ou Steve Vaï, pour le côté extrême et inouï de ce que l'on peut parvenir à faire avec une guitare. Évidemment, comment ne pas citer Jimi Hendrix. Chez lui, c'est l'émotion qui domine, pas la technique. Il exprime le blues même dans les morceaux les plus rock, les plus destroy. Lorsque j'écoute Coltrane, c'est pareil, j'entends surtout l'émotion, pas l'instrument. En fait, je ne me suis jamais centré sur les guitaristes. Je préfère dire que c'est la musique et cet instrument qui m'ont choisi. J'ai toujours davantage pensé à la musique qu'à l'instrument. J'ai passé des heures à improviser tout seul, jamais à faire des gammes : c'était une transe, pas un exercice !. J'ai aussi beaucoup écouté les pianistes, comme Bill Evans, même si cela ne s'entend pas !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Vous avez monté une formation qui travaille sur le répertoire d'Hendrix. Cependant, vous n'avez jamais enregistré avec elle...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Nous avons créé ce groupe en 1993 avec Corin Curschellas, Richard Bona et Steve Argüelles : ça a toujours été un groupe &amp;quot;fun&amp;quot; pour moi, &amp;amp; je ne sentais pas la prétention d'en faire un disque. J'ai, par rapport aux chansons d'Hendrix, le même regard qu'un jazzman par rapport aux standards. Je joue à la fois la chanson tout en proposant une relecture, forcément libre. L'ensemble sonne évidemment très rock mais également très improvisé. Récemment, en Italie, on m'a proposé de réaliser un projet comparable avec John Taylor, Anders Jormin, Joey Baron et, toujours Corin&lt;br/&gt;Curschellas. Il n’y a eu qu'un concert à Modena, en novembre 2000. J'ai dû réécrire une partie des arrangements en raison de la présence d'un pianiste &amp;amp; d'un contrebassiste. Nécessairement, c'est moins destroy mais toujours aussi fun, surtout avec le génial Joey !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;- Après l'exploration des trios, le tour du &amp;quot; world &amp;quot;, quels sont vos nouveaux horizons ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;	-	Je vais bientôt partir en tournée avec Terri Lyne Carrington. Dans son groupe, elle a aussi appelé Geri Allen, Gary Thomas et Lars Danielsson. Nous nous connaissons mal, mais elle a écouté un de mes disques qui lui a beaucoup plu. En ce moment, je m'implique énormément pour le prochain disque de Huong Thanh chez ACT, dont j'ai aussi produit le premier disque - des arrangements à la prise de son &amp;amp; au mixage. Outre les musiciens traditionnels vietnamiens , il y aura Paolo Fresu, Etienne Mbappé, François Verly, Renaud Garçia Fons &amp;amp; Richard Bona. Ce n'est pas du jazz comme &amp;quot; Tales From Viêt-Nam &amp;quot;. Je veux faire aimer la culture vietnamienne au monde entier ! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Interview par Renaud Czarnes, &lt;br/&gt;Jazzman (automne 2001)</description>
    </item>
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      <title>Pascal Anquetil pour Virgin Megapresse</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2001/6/1_Pascal_Anquetil_pour_Virgin_Megapresse.html</link>
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      <pubDate>Fri, 1 Jun 2001 00:00:00 +0200</pubDate>
      <description>Nguyên Lê : &lt;br/&gt;Jazz, exotisme et poésie&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« J’aime bien me définir aujourd’hui comme un architecte de rencontres. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« C’est dans le rapport à l’autre qu’on se découvre soi-même. Et la meilleure façon de découvrir vraiment l’autre, c’est de s’oublier soi-même. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« Avec ma guitare rock James Trussard, je peux sentir ma main creuser l’instrument, aller chercher la note, jouer du vibrato d’une manière très spéciale. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A quarante ans, le guitariste vietnamien de Barbès a enfin trouvé une notoriété européenne tout à fait méritée. Mais surtout une maturité musicale sereinement accomplie sous la bannière de l’exotisme poétique. Au sein du nouveau trio « E-L-B », avec Michel Benita à la contrebasse et Peter Erskine derrière ses cymbales, il délivre du bout de ses doigts un monde jazz très personnel, tout vibrant de lyrisme asiatique et d’énergie rock.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’exotisme a été le sujet de votre mémoire de maîtrise de philosophie. Cette question semble être aussi le fil conducteur de tout votre parcours musical.&lt;br/&gt;Nguyên Lê : C’est vrai. À l’époque de mes années studieuses à la Sorbonne, je n’arrivais jamais à parler de musique, préférant toujours glisser sur le terrain de la poésie et de l’imaginaire. Bien qu’ayant une intense pratique de guitariste, je n’arrivais pas à incorporer la musique dans la philosophie. Le sujet de l’exotisme m’a été inspiré par la lecture de Victor Segalen. J’ai repris sa définition de l’exotisme comme « poésie du rapport à l’autre ». Une belle manière d’inverser une certaine conception publicitaire et commerciale. Cette envie de revisiter l’ethnocentrisme de manière poétique, je l’ai récemment reprise lors d’une création que j’ai pu réaliser, à l’occasion d’une résidence à Chambéry, sous le titre de « l’Extrême et le Milieu ». Tous les pays se revendiquent comme « le » centre du monde. Ainsi la Chine comme la Perse se sont autoproclamé « l’Empire du Milieu ». Il y a un ethnocentrisme inné que j’aime aujourd’hui considérer dans une dialectique toute poétique : c’est dans le rapport à l’autre qu’on se découvre soi-même. Et la meilleure façon de découvrir vraiment l’autre, c’est de s’oublier soi-même. C’est dans ce mouvement d’oubli qu’on finit toujours par se retrouver le plus intensément soi-même.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;À travers vos différents disques, vous avez accompli un voyage musical à la recherche de vos racines. Etait-ce pour vous une manière de vous réinventer une tradition ?&lt;br/&gt;N. L. : Bien sûr. Je suis né à Paris de parents vietnamiens qui m’ont tout petit donné une part de culture traditionnelle. Mais très tôt plongé dans la culture occidentale, j’ai perdu ma langue maternelle que je suis aujourd’hui bien incapable de parler. Dans les années 80, à l’époque d’Ultramarine, groupe fusion que nous animions avec Mario Canonge, Etienne Mbappé et Mokhtar Samba, je n’avais pas encore tous les moyens musicaux pour faire ce travail de retour aux sources. C’est vraiment une histoire de maturité. Ce n’est qu’à partir de mon album « Tales from Viêt-Nam », en 1996, que j’ai pu m’approprier cette tradition asiatique en prenant conscience qu’elle ne serait jamais celle de mes parents, mais celle d’un fils d’immigrés vivant à Barbès qui a intégré dans sa culture les outils de la modernité. Depuis lors je n’ai plus peur de placer ma nouvelle identité vietnamienne dans tous les mondes musicaux dans lesquels je peux me trouver, qu’ils soient rock, world ou jazz. Même s’il semble plus facile d’être asiatique dans un contexte méditatif. Ainsi dans « Maghreb and Friends », projet que j’ai réalisé en 98 avec Karim Ziad et Bojan Z, j’ai vérifié que tout le travail sur mon rapport exotique à mes racines pouvait aussi s’appliquer à d’autres traditions. Cela a été pour moi l’occasion de développer un sens du partage, découvrir des correspondances avec des mondes géographiquement très lointains. J’aime bien me définir aujourd’hui comme un architecte de rencontres. Je choisis souvent des musiciens venus d’horizons très différents pour voir comment nos traditions peuvent coopérer et s’échanger pour inventer ensemble quelque chose de global. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourquoi faites-vous de la musique ?&lt;br/&gt;N. L. : D’abord pour rencontrer des gens nouveaux. J’ai arrêté la philosophie parce que c’était un exercice trop solitaire, donc triste. J’ai opté à fond pour la musique parce que c’est un merveilleux moyen de dialogue avec des personnes de génération et culture très contrastées. Je viens de tourner récemment avec la percussionniste Terri Lyne Carrington et la pianiste Geri Allen. C’était la première fois que je me retrouvais comme « sideman » dans un groupe composé de musiciens noirs américains. L’expérience a été pour moi passionnante.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il suffit de vous voir sur scène : votre rapport à la guitare électrique est très physique. Est-ce volontaire ?&lt;br/&gt;N. L. : C’est cette relation qui explique la manière dont je joue aujourd’hui. J’ai débuté par la batterie pour passer en complet autodidacte à la guitare rock. J’ai ensuite appris le langage du jazz et du be-bop avec une grosse guitare 175 comme celle de Wes Montgomery. Jusqu’au jour où un copain m’a montré sa guitare « solid body ». Ce fut pour moi une vraie révélation. Il y a dans cette guitare très plate une forme, un galbe, une position au niveau du ventre qui autorisent un rapport au corps très proche, très sensuel. C’est très important pour moi. Avec ma « James Trussard », je peux sentir ma main creuser l’instrument, aller chercher la note, jouer du vibrato d’une manière très spéciale, sans l’aide des doigts. Cette guitare de type Fender m’offre aussi la possibilité de descendre la note une fois qu’elle a été attaquée, ce qui est impossible avec une guitare jazz, mais qui se rapproche du « danbau », un instrument monocorde vietnamien que j’ai pas mal travaillé. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour le label allemand Act, vous venez de signer un nouvel album en trio, cette fois avec Michel Benita et Peter Erskine. L’ancien batteur de Weather Report est une vieille connaissance.&lt;br/&gt;N. L. : Je l’ai en effet rencontré en 1988 au sein de l’ONJ Antoine Hervé. Depuis il n’a cessé d’être un bon ange pour moi. Quand je lui ai  proposé de participer à « Miracles », mon premier album en tant que leader, il a tout de suite accepté. Quand on joue avec un tel batteur, il y a toujours le plaisir extrême de sentir à quel point il comprend tout de suite votre musique. Il se met totalement à son service sans le moindre problème d’ego. On a enregistré « E-L-B » très vite (douze morceaux en deux jours !) avec un état d’esprit très tranquille, détendu. Il faut dire que c’était au Rainbow Studio d’Oslo avec ce formidable ingénieur du son d’ECM, Jan Erik Kongshaug. Finalement, chaque fois que je joue avec des grands musiciens, le premier sentiment qui s’impose est celui de la simplicité. Avec Michel et Peter, la musique glisse toujours simplement, sans qu’on ait besoin de se parler, sans la moindre tentation de « forcer » en jouant plus vite ou plus fort. Voilà un type de bonheur finalement assez rare.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Propos recueillis par Pascal Anquetil pour &lt;br/&gt;Virgin MegaPresse, juin 2001&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Robert Kaye for Rhythm</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2000/11/5_Robert_Kaye_for_Rhythm.html</link>
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      <pubDate>Sun, 5 Nov 2000 12:26:39 +0100</pubDate>
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      <title>Sandra Scagliotti pour Centro di Studi Vietnamiti, Torino, Italia</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2000/5/1_Sandra_Scagliotti_pour_Centro_di_Studi_Vietnamiti,_Torino,_Italia.html</link>
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      <pubDate>Mon, 1 May 2000 00:00:00 +0200</pubDate>
      <description>    J'ai fait mes études de philosophie (4 ans) en même temps que mon apprentissage (en autodidacte) de la guitare &amp;amp; du Jazz. Plus la musique devenait sérieuse, moins j'avais de temps pour faire de la philosophie. D'autre part j'étais frustré dans mon rapport à la philosophie : je trouvais que c'était une architecture intellectuelle froide, alors que la musique est une passion concrete qui se crée dans la relation presque physique avec les gens. Dans le jazz il y a &amp;quot;l'interplay&amp;quot;, cette maniere de reagir a ce que l'autre propose immédiatement, et l'improvisation, qui fait que l'on produit des choses que l'on a jamais fait avant. Cependant dans ma musique j'ai gardé cette attitude réflexive &amp;amp; conceptuelle, ce souci de recherche perpétuel qui est typique de la philosophie. Mais en tant qu'artiste j'ai toujours besoin que ces concepts &amp;amp; cette recherche se réalisent dans le présent.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Je suis né à Paris : je n'aurais sans doute pas fait du jazz, ou devenu ce que je suis si j'étais né au Vietnam. Je suis d'abord devenu musicien de Jazz, &amp;amp; ensuite je me suis souvenu que j'étais vietnamien ! Le jazz ne fait pas partie de la culture musicale du Viet Nam en effet, c'était une musique interdite pendant longtemps. Peu de vietnamiens apprécient le Jazz pour l'instant, j'espere etre un de ceux qui font changer cela - mais les choses changent déjà, (voir la suite).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Il y a un intérêt de la part des vietnamiens pour mon travail, pour diverses raisons : &lt;br/&gt;1) parce que je travaille sur la tradition : les morceaux que j'arrange &amp;amp; joue sont les mêmes qu'il connaissent depuis tout petits. Ils se reconnaisent là dedans, même si ca sonne un peu bizzare quelquefois pour eux !.&lt;br/&gt;2) parce qu'il sont sensibles au fait que j'ai une certaine notoriété dans le monde &amp;amp; les medias occidentaux. &lt;br/&gt;3) pour certains je représente une certaine modernité &amp;amp; ouverture de la culture vietnamienne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     Je reviens du Vietnam ou j'ai passé 15 jours. La dernière fois, c'était en 1977 avec mes parents, en vacances. Le pays était dans la misère de l'apres guerre, coupures de courant &amp;amp; d'eau, rationnement de la nourriture... Il y a maintenant à Hanoi un club de Jazz, dirigé par Mr Quyen Van Minh, où un orchestre de musiciens vietnamiens jouent du jazz tous les soirs. Il y a 20 éleves dans la classe de Jazz du conservatoire (dirigée par Quyen Van Minh). Tous ces musiciens sont très jeunes (15 à 22 ans), certains très doués, tous pleins d'un appétit &amp;amp; d'une passion qui fait plaisir à voir ! J'ai été acceulli comme un &amp;quot;maitre&amp;quot; par certains ! Pour d'autres ma musique est encore trop compliquée...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     Je ne crois pas trop à l'art comme langage politique. Par contre il y a un esprit de liberté, d'échange &amp;amp; d'autodétermination indissociable du Jazz. Je pense aussi que le phénomène de la World Music est devenu un mouvement social : c'est la manière qu'ont les fils des immigrés de construire leur propre identité entre la tradition de leur peres &amp;amp; la modernité occidentale dans laquelle ils vivent. Ceci en dehors des usages purement commerciaux &amp;amp; neocolonialistes que peut prendre la World Music.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     Je comprends le vietnamien usuel mais je ne le parle que très peu. Il faut que je retourne plus souvent &amp;amp; plus longtemps &amp;amp; je me remettrai à parler.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     Mon pere m'a orienté vers des études universitaires (comme lui). Quand je suis devenu jazzman mes parents étaient plutot surpris, car rien dans ma jeunesse ne tracait la route d'un musicien - pas d'etudes de musique non plus. Mes parents m'ont laissé faire, tout en étant au départ assez inquiets. J'ai eu la chance d'être engagé dans l'Orchestre National de Jazz en 87 : c'était une situation tres professionelle, stable &amp;amp; honorifique qui les a contentés. Ma mere m'a encouragé ensuite à faire quelque chose de vietnamien dans mon jazz. Maintenant ils sont ravis.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     J'ai connu Tran Van Khê d'abord comme ami de mes parents (Khê &amp;amp; mon père ont fait Sciences Politiques ensemble, ils sont bardés de diplomes tous les deux...). Quand Khê a su que je jouais de la guitare électrique (j'avais 15 ans) il m'a dit, tres paternaliste : &amp;quot;il faut que jeunesse se passe&amp;quot;. J'en ai gardé le souvenir d'un &amp;quot;ayatollah&amp;quot; de la tradition. En 1996 j'ai fait le CD &amp;quot;Tales from Vietnam&amp;quot; : mes parents lui ont donné le CD, &amp;amp; il l'a beaucoup aimé, a ma grande surprise. Nous avons fait une rencontre ou il m'a offert des critiques tres détaillées et constructives, puis, à son initiative, nous avons improvisé ensemble, moi à la gtr electrique, lui au chant. Apres je l'ai invité plusieurs fois sur scène lors de mes concerts avec &amp;quot;Tales from Vietnam&amp;quot;. Il a des vidéos de ces moments &amp;amp; les montre à ses amis musiciens traditionnels qui adorent ça ! Il parle toujours de moi avec une grande estime &amp;amp; c'est devenu un ami que viens voir des que j'ai le temps. C'est un homme d'une culture immense, mais surtout un grand musicien.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     Je ne fais plus le groupe sur Jimi Hendrix depuis déjà 4 ou 5 ans. J'ai eu beaucoup de plaisir à le faire mais maintenant je préfère m'orienter sur d'autres musiques, la mienne surtout ! De toute facon des que je joue Hendrix n'est jamais très loin dans mon esprit....&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Interview pour Sandra Scagliotti, &lt;br/&gt;Centro di Studi Vietnamiti, Torino, Italia, 1/5/2000</description>
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      <title>Axel Shock for Kulturnews, Berlin</title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/2000/1/26_Axel_Shock_for_Kulturnews,_Berlin.html</link>
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      <pubDate>Wed, 26 Jan 2000 00:00:00 +0100</pubDate>
      <description>1. In my new CD « Bakida » my idea was to synthesize a lot of the influences that built my actual musical personality. «Tales from VN» &amp;amp; «Maghreb» are rather projects where I learned those specific traditions, trying to understand them with the deepest sincerity, &amp;amp; showing what I could say, or play, or write in reaction to these meetings. So that was an adaptation &amp;amp; an arrangement process of a pre-existing culture. All those melodies &amp;amp; rhythms had been there since a long time, &amp;amp; I didn’t tried to change them - I change the way they appear, the harmonic context, I add voices, new rhythms, etc... This time, with « Bakida », my idea was to write my own music inspired by all the musical traditions that I love &amp;amp; which have shaped who I am today. Those traditions can be hard rock, blues, classical western music, music from Vietnam, Maghreb, Black Africa, Turkey, Spain, Scandinavia...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;2. Each guest is a different story. Some live in France, some others don’t. I mostly didn’t meet them on tour; I mostly discovered them 1rst on CD. I saw Renaud 1rst on a concert with the National Jazz Orchestra directed by Claude Barthélémy. I was knocked out by his oriental virtuosity &amp;amp; his « singing » quality. Then 3 years after I called him to play with Mino Cinelu on my « Three Trios » CD. I called Tino in Madrid because I was looking for someone who could sub for Mino Cinelu, &amp;amp; who could play drums as well as percussion. I had never met Tino before calling him ! Carles Benavente, from Barcelona, is a great friend of Tino’s, &amp;amp; I played with him in Vince Mendoza ’s « Jazzpana » in 1993. I first met Karim Ziad (just arrived in France) in 1991 on CD sessions for algerian composer Safy Boutella. Then we meet again in 1998, when we started « Maghreb &amp;amp; Friends ». I met Hao Nhien Pham in Paris in 1995 when I was looking for open-minded vietnamese traditional musicians to create « Tales from Vietnam ». I met Paolo Fresu when Aldo Romano invited us in club in Paris in 1994.&lt;br/&gt;I had never played with Kudsi Erguner before; I was just a big fan of his. He lives in Paris &amp;amp; plays also with Bojan Z, pianist in « Maghreb &amp;amp; Friends ». Now he is signed also on ACT, it was easy to invite him. I was a fan of Oslo’s native Jon Balke before meeting him. I discovered him on his « Magnetic North » great CD. Then whe got both invited in a swedish radio project in 1997. Since then, we palyed several times together. I had never played with Chris Potter before; I was also a big fan. We met sometimes in festivals where he played with Dave Douglas. Illya Amar is the son of Dominique Borker, my wife, who composed « Heaven » on this CD.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;3. I have 11 gtrs - 1 acoustic, 2 electroacoustic, 2 jazz, 1 vietnamese, 2 electric, 1 fretless, &lt;br/&gt;2 el. basses. I could have more, but I’m not a gtr collector. I use my main electric « James Trussart » on stage since 1988. Sometimes I bring my fretless or my Parker Fly electroacoustic on stage. The rest I use only in studio. My first gtr was not mine - it was the instrument of the gtr player I was playing with at that time (15 ?). We were rehearsing in my appartment, where the gtr player of my band leave his instrument. He didn’t practice ! The first gtr I bought was a Gibson SG.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;4. I have a dream which should come true in april, if everything goes well. I’m gonna play my music for the 1rst time in Vietnam, for the 1rst Hanoi Jazz Festival. I’d like to meet &amp;amp; play with the best musicians in the world, some I don’t even know yet ! Let’s drop some names : Joey Baron, Jon Hassel, Hariprasad Chaurasia... but I’m sure there’s a genius hidden in some unknown village of a very far country...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;interview for Axel Shock, Kulturnews, Berlin, 26/01/00&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Fabrice Frossard    </title>
      <link>http://www.nguyen-le.com/Site_Nu/Interviews/Entrees/1997/1/1_Fabrice_Frossard.html</link>
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      <pubDate>Wed, 1 Jan 1997 00:00:00 +0100</pubDate>
      <description>     (1) Ainsi va le Jazz, nourri d'échanges, s'enrichissant des multiples influences qui le traversent. Le monde actuel est un monde de communication, et tous les arts d'aujourd'hui le prouvent, le Jazz à fortiori. Il ne s'agit plus de savoir jouer le Funk &amp;amp; la Polka, la musique africaine &amp;amp; le Bebop, tous ces styles nous façonnent d'une manière ou d'une autre. Il s'agit de se forger une identité à partir de ce multiple qui sans cela resterait confus &amp;amp; indistinct. Même si je peux sonner très rock parfois, même si je peux devenir très zen d'autres fois, je me revendique comme musicien de Jazz car c'est ainsi que je conçois cette musique : forte par la liberté qu'elle offre et par la singularité qu'elle demande, ouverte par cette science de l'échange qui la fonde.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;     (2) A chaque étape du projet &amp;quot;Tales from Viet-Nam&amp;quot; je m'aperçois à quel point je ne suis pas vietnamien, &amp;amp; en même temps je deviens de plus en plus vietnamien. Plus je m'immerge dans la tradition, plus j'apprends tout ce que je peux de cette culture, plus j'éprouve la vérité que je ne pourrai jamais &amp;quot;sonner&amp;quot; ni penser comme les vietnamiens nés au pays. Là intervient le rôle de l'artiste : transformer en beauté ce manque, &amp;amp; ainsi ouvrir ces aspects finis, déterminés de ta personnalité. Ces confrontations aux autres cultures sont autant de leçons d'humilité que de promesses d'accomplissement.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;	(1)	En fait l'idéal serait d'atteindre le même contrôle de la technologie que celui de l'instrument : devenir des virtuoses de la technologie. Et comme les vrais virtuoses, oublier tout ce que l'on a appris, gammes ou modes d'emploi, et se lancer dans l'immédiateté du jeu, l'ivresse de l'improvisation. Une fois maîtrisé, l'instrument (ordinateur ou guitare) n'est plus qu'un media invisible entre la pensée créatrice &amp;amp; son expression (image, son, etc...). Aujourd'hui je me sers de mon ordinateur pour communiquer (texte, fax, e-mail) &amp;amp; pour composer &amp;amp; réaliser des maquettes de plus en plus simples, avec toujours le souci d'imaginer comment chaque partie sera jouée par les musiciens. Le Direct to Disk m'a été très profitable pour &amp;quot;Tales&amp;quot; : j'ai pu enregistrer à la maison des instruments traditionnels, des parties de guitare ou de sax définitives, du chant témoin autour duquel j'ai construit les arrangements, et corriger aussi certaines prises de studio.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Propos recueillis par Fabrice Frossard en janvier 1997</description>
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